PRÉSENTATION GÉNÉRALE
Vous devriez suivre quatre cours par semestre.
Vous devez suivre, d’abord, un cours d’écriture intensive à Reid Hall. Ces cours sont accompagnés par une heure de tutorat obligatoire chaque semaine.
Les trois autres cours peuvent être choisis parmi les séminaires dispensés au sein du programme VWPP à Reid Hall, les cours offerts à l’université parisienne à laquelle vous êtes inscrit·e, et un cours de dessin et de peinture (pour débutant·e·s ou pour étudiant·e·s avancé·e·s) offert à l’Académie de la Grande Chaumière.
Les étudiant·e·s de Vassar peuvent aussi suivre un atelier (.5 crédit) en plus des quatre cours d’un crédit ; les étudiant·e·s de Wesleyan peuvent suivre les deux ateliers en plus des quatre cours d’un crédit.
Enfin, comme autre option, les étudiant·es de Vassar et de Wesleyan peuvent également effectuer un stage et un atelier (« Atelier de conversation autour du stage de terrain »), pour un demi-crédit ou un crédit, selon le cas.
Résumé des cours du VWPP :
WI1 : Églantine Morvant – « Paris, expérience immédiate »
WI2 : Patrick Graille – « L’Amour à la française »
WI3 : Raphaël Sigal – « L’espace entre-deux : écrire l’exil et le retour »
S1 : Simona Crippa – « Mythes : écritures, réécritures, iconographies »
S2 : Martin Mégevand – « Comment rendre compte d’un spectacle de théâtre ou d’une performance? »
S3 : Mylène Sarant – « Danser sa vie : l’influence de la danse moderne dans les arts de l’avant-garde »
A1 : Laetitia Germain-Thomas – Atelier Podcast (.5 crédit)
A2 : Alexis Weinberg – Atelier d’Écriture créative (.5 crédit)
A3 : Honorine Goueth – Atelier de conversation autour du stage de terrain (.5 crédit ou 1 crédit)
Un descriptif de chaque cours se trouve ci-dessous.
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Writing Intensive Courses
WI 1 : Paris, expérience immédiate
MORVANT Églantine
Ce cours propose aux étudiants du programme de faire de leur expérience parisienne le point de départ de toutes leurs sensations et de toutes leurs réflexions. Ancrés dans un ici-et-maintenant à Paris, semaine après semaine, les étudiants seront amenés à prendre un thème (inscrit au syllabus), de lire le texte qui parle de Paris ou dudit thème (Victor Hugo, Montesquieu, Rousseau, Baudelaire, Zola, Cendrars, Leon-Paul Fargue, Dany Laferrière), d’écouter les chansons relatives et de se constituer leur propre bibliothèque sensorielle et réflexive à ce propos (collection de pensées, d’images, d’extraits sonores etc).
Autrement dit, ce cours « intensive writing » tend davantage du côté du creative writing que de l’academic writing. L’objectif est d’amener les étudiants à vivre en pleine conscience leur expérience physique, sensorielle et intellectuelle à Paris.
Chaque cours commencera par 30 minutes consacrées à la rédaction de leur « sentiment paper » sur le thème de la semaine. À travers cette production écrite, ils feront le bilan de leurs réflexions et sensations sur ledit thème inscrit à l’ordre du jour sur le syllabus.
Le cours suivra une progression chronologique : nous commencerons par observer l’évolution topographique et démographique de Paris depuis l’Antiquité jusqu’au Paris contemporain.
Les thèmes abordés seront aussi divers que : le métro, la Seine, la population parisienne, les éclairages, les odeurs, les éléments sonores, les éléments visuels (affiches), les monuments, les places, les gares.
WI 2 : L’Amour à la française
GRAILLE Patrick
Toute idée de l’humain contient une idée de l’amour. Une idée universelle, que l’on cherche à traduire par des actes, des mots et des œuvres d’art, mais qui paradoxalement incarne l’ambigu, l’indicible, l’ineffable, à travers les expressions d’âmes et de sexes en détresse et/ou en extase.
Éros, qui était un dieu pour les Anciens, est devenu un tourment pour les Modernes. Le dieu de l’amour et de la puissance créatrice était séduisant et mineur ; désacralisé, il se transforme en un mal majeur. Mais cette évolution a eu lieu seulement en Occident, car rien d’analogue n’existe en Inde, en Chine ou en Afrique. Comment expliquer ce fait ? Et pourquoi l’érotisme – hétérosexuel, homosexuel, bisexuel ou non binaire – a-t-il été longtemps condamné, voire criminalisé, aux yeux des chrétiens sincères comme dans les lois de l’État français laïc ?
Pour comprendre le puritanisme de cette situation, nous étudierons des œuvres qui identifient l’amour à une communication des cœurs et/ou à un appétit charnel. Conjointement, nous nous interrogerons sur la possibilité de qualifier ces sentiments passionnels comme des phénomènes typiquement « français », surtout à en croire les stéréotypes de nombreux penseurs européens qui, du XVIe siècle à nos jours, stigmatisent la France pour ses mœurs vicieuses et décadentes.
Fondé sur un panorama d’extraits romanesques, de contes, essais, nouvelles, poésies, chansons et œuvres cinématographiques, ce cours explorera les arts d’aimer à la française à la fois historiquement (du XVIIIe siècle à aujourd’hui) et thématiquement (de l’adoration tragique à la volupté érotique).
W3 : L’espace entre-deux : écrire l’exil et le retour
SIGAL Raphaël
Le vingtième siècle fut un siècle de migrations. Déplacés par la violence furieuse de l’histoire, contraints par une situation politique ou économique intenable, ou alors portés par leur ambition littéraire, de nombreux écrivains et poètes connaissent l’exil.
Pour beaucoup, le pays d’accueil devient une résidence permanente, pour d’autres, elle n’est qu’un lieu de passage avant un retour au pays souvent douloureux. Ces différentes expériences d’exil et de retour marquent intensément leur rapport à l’écriture : suspendus entre deux pays, deux langues, deux cultures, ces écrivains élaborent une conception particulière de l’espace et du temps. Pour ces auteurs ballotés par les remous d’une histoire violente, le livre devient un refuge contre la sauvagerie ou au contraire un lieu où crier sa rage, un territoire intime dans un monde étranger, un espace de questionnement et de réflexion. Nous complèterons nos lectures en nous penchant sur des œuvres critiques et des films.
Seminars
S1 : Mythes : écritures, réécritures, iconographies
CRIPPA Simona
Le cours propose d’analyser ce que racontent, expliquent, révèlent, colportent les mythes à travers des écritures anciennes que nous comparerons aux réécritures modernes et contemporaines tout en examinant une ample iconographie ayant, elle aussi, participé à la survivance de l’univers mythique. Nos lectures et interprétations s’attacheront dès lors à l’étude de vieux archétypes et symboles contribuant à réinventer nos récits collectifs en créant de nouvelles représentations socioculturelles et de nouveaux imaginaires.
Le corpus comprend des écritures et réécritures littéraires des mythes des origines et des figures mythiques (cosmogonies/création de l’univers, Ulysse et Pénélope, Orphée et Eurydice, Pandore, Œdipe, Médée, Méduse). Peinture, cinéma, bande dessinée, roman graphique, chanson, constitueront également un matériau de réflexion et d’analyse partagé en classe.
Une attention particulière sera accordée à la figure d’Antigone, à laquelle le cours consacrera un temps d’étude plus approfondi. Nous l’aborderons notamment à partir de la traduction du grec de l’Antigone de Sophocle par Anne Carson, Antigonick — traduite en français par Édouard Louis —, ainsi qu’à travers le poème d’Henry Bauchau, La Lumière Antigone, écrit pour l’opéra de Pierre Bartholomée. Ces textes seront mis en perspective avec les lectures critiques, entre autres, de Nicole Loraux, Judith Butler, Maria Zambrano, Rossana Rossanda.
S2 : Comment rendre compte d’un spectacle de théâtre ou d’une performance ?
MÉGEVAND Martin
Il s’agit dans ce cours d’associer une expérience de spectateur de pièce de théâtre (ou de performance) et l’apprentissage de connaissances d’ordre théorique sur le genre théâtral et la performance.
Durant le semestre, nous assisterons tous ensemble à quatre ou cinq spectacles dans des lieux théâtraux variés – théâtres publics subventionnés, théâtre privé. Les spectacles auxquels on assistera, de différents genres et formats, font partie de ceux proposés à Paris dans le cadre du Festival d’automne à Paris, gage d’excellence et d’actualité de la scène contemporaine. Ils feront l’objet d’analyses préparatoires approfondies – relatives au texte, aux mises en scènes antérieures s’il s’agit d’un classique, ou au genre dont il relève. Après avoir vu chaque pièce, chaque participant ou participante disposera de deux semaines pour remettre un compte-rendu de représentation détaillé selon des règles qui auront préalablement été données en séance. Chaque compte-rendu fera l’objet d’une correction détaillée et pourra être le cas échéant réécrit.
Parallèlement à cette activité pratique, seront étudiés en cours des sujets destinés à placer dans une perspective soit historique, soit esthétique, les représentations auxquelles on aura assisté.
S3 : Danser sa vie : l’influence de la danse moderne dans les arts de l’avant-garde
SARANT Mylène
Isadora Duncan, l’une des chorégraphes les plus visionnaires du Paris des Années folles a écrit en 1928 une phrase qui pourrait être une clé de compréhension des avant-gardes : « Dès le début, je n’ai fait que danser ma vie ». Effectivement, au début du XXe siècle, portés par la pensée nietzschéenne, les artistes considèrent le geste et plus spécifiquement la danse comme l’expression de l’appartenance humaine une communauté supérieure et la place au centre de leur vie. L’homme qui danse est sur le point de s’envoler au-delà de sa condition de mortel.
Grâce à des tableaux, des sculptures ou des films, nous découvrirons Duncan, mais aussi Loïe Fuller ou la Goulue, dans un genre plus trivial et populaire. Nous nous plongerons aussi dans l’univers créatif et subversif des ballets russes de Diaghilev.
Cette découverte sera l’occasion aussi de nous pencher sur l’évolution du geste dans le monde de la peinture. Depuis Rodin et Degas (de très grands amateurs de danse), les artistes ont en effet considéré le geste comme le garant d’une forme d’authenticité. Les petits points rythmés des impressionnistes, les premiers dripping de Marx Ernst ou les coups de pinceau rageurs de Joan Mitchell témoignent en effet de l’expression d’une liberté nouvelle, et sont le témoin d’une nouvelle forme de subjectivité.
Ateliers
A1 : Atelier Podcast
GERMAIN-THOMAS Laetitia
Cet atelier est une initiation au podcast. Je pars des idées et des envies des étudiant·es : quels sont les sujets qui les animent ? Les formats qui les intéressent ? Les histoires qu’ils et elles veulent raconter ? Cette séance de réflexion permet de poser les bases de leur podcast, qui peut prendre la forme d’une série documentaire, de plusieurs épisodes indépendants, d’un travail de groupe, d’une fiction sonore, de jeux de rôle. Leur podcast peut intégrer des extraits enregistrés au cours des sorties du programme VWPP. Je relie les sujets que nous abordons à leur expérience parisienne. Par exemple, si nous faisons un jeu de rôle type « Donjons et Dragons », celui-ci devra se passer à Paris et intégrer leur expérience parisienne.
L’idée est que les étudiant·es s’emparent de la langue en oubliant que ce n’est pas leur langue natale, et se plongent dans un projet narratif et collaboratif. Cela leur laisse aussi un souvenir de leur passage à Paris, et permet aux étudiant·es qui envisagent de venir dans le programme VWPP d’écouter ce témoignage incarné et vivant de leurs camarades qui sont déjà à l’étranger.
A2 : Atelier d’Écriture Créative
WEINBERG Alexis
Cet atelier d’écriture créative, conçu pour un public d’étudiant.e.s dont le français n’est pas la première langue, se structure autour de grands moments d’écriture : jouer, imiter, décrire, prêter attention, se souvenir, fictionner. La progressivité s’organise selon des modalités d’écriture de plus en plus personnelles.
Chacune de ces six séquences de deux heures donnera lieu à plusieurs activités individuelles ou collectives. Quelques considérations d’histoire et de théorie littéraires pourront nous aider à mettre en perspective ces activités. Les textes produits seront immédiatement partagés en classe, dans un esprit de respect et de bienveillance.
A3 : Atelier de conversation autour du stage de terrain
GOUETH Honorine
Les étudiant·es du programme VWPP ont la possibilité de suivre un atelier de conversation en lien avec le stage de terrain qu’iels mènent au sein d’une structure d’accueil parisienne. Cet espace d’échanges vise à favoriser le partage d’observations, d’expériences d’interaction, des difficultés rencontrées sur le terrain ainsi que des questionnements soulevés au cours de l’enquête. Les séances d’atelier sont dédiées à la découverte et à la lecture de textes méthodologiques et ethnographiques. Ils accompagnent les réflexions au fur et à mesure de la progression du stage. Une bonne pratique du terrain requiert également la tenue régulière d’un journal de terrain par les participant·es. Un nombre d’entrées à rendre sera défini au début du semestre. Naturellement, les thématiques dépendront des choix jugés pertinents par les apprentis-ethnographes mais des intérêts de discussions pourront le cas échéant s’articuler autour des positionnalités stagiaires, des pratiques langagières, de la relation d’enquête ou la dimension territoriale.