Liste des cours disponibles

Writing Intensive

Écrire la nature, habiter le monde (WI1)

Simona Crippa

La nature a toujours été chantée par les écrivains et poètes. Au XXe et XXIe siècles elle devient un enjeu social et politique important. Les risques climatiques, les menaces qui pèsent sur les ressources naturelles, la crise de la biodiversité, voient émerger une littérature qui répond à ces inquiétudes. Le thème de l’environnement devient une urgence : les écrivains continuent à dire la nature pour la célébrer mais aussi et surtout pour rendre compte du sort et des torts qu’on lui fait. 

Le cours se propose d’étudier la littérature environnementale qui s’écrit en France à la suite de l’écocriticism et des cultural studies. Nous répondrons à quelques questions : comment cette littérature environnementale nous situe-t-elle dans le monde et nous permet-elle de faire l’expérience de celui-ci ? Comment réinvente-t-elle nos rapports avec la nature ? Quels sont les motifs qui la structurent ? En quels dispositifs imagine-t-elle les relations entre les multiples formes du vivant ? Quel regard porte donc cette littérature sur nos modèles de sociétés et quel rôle a-t-elle à jouer ? 

Le corpus comprend trois œuvres choisies pour les différentes formes d’écriture empruntées : le journal (Marguerite Duras, L’Eté 80, 1980), la promenade poétique (Marie-Hélène Lafon, Traversée, 2015), le récit à la croisée entre anthropologie et fiction (Nastassja Martin, Croire aux fauves, 2019). Des extraits de ces œuvres seront proposés aux étudiants mais aussi d’autres textes choisis feront l’objet de l’étude en classe. 

Les étudiants proposeront des écrits d’ « intensive writing » en répondant à ces questions qui structurent le cours ou pourront également produire des écrits « écopoétiques » in situ lors des sorties prévues : 

1) Au Bois de Boulogne ; 

2) Au Bois de Vincennes.

L’Amour à la française, une exception étrange ? (WI2)

Patrick Graille 

Toute idée de l’humain contient une idée de l’amour. Une idée universelle, que l’on cherche à traduire par des actes, des mots et des œuvres d’art, mais qui paradoxalement incarne l’ambigu, l’indicible, l’ineffable, à travers les expressions d’âmes et de sexes en détresse et/ou en extase.

Éros, qui était un dieu pour les Anciens, est devenu un tourment pour les Modernes. Le dieu de l’amour et de la puissance créatrice était séduisant et mineur ; désacralisé, il se transforme en un mal majeur. Mais cette évolution a eu lieu seulement en Occident, car rien d’analogue n’existe en Inde, en Chine ou en Afrique. Comment expliquer ce fait ? Et pourquoi l’érotisme  hétérosexuel, homosexuel ou bisexuel  fut-il pendant des siècles condamné, voire criminalisé, aux yeux des chrétiens sincères comme dans les lois de l’État français laïque ?

Pour comprendre le puritanisme de cette situation, nous étudierons des œuvres qui identifient l’amour à une communication des cœurs et/ou à un appétit charnel. Conjointement, nous nous interrogerons sur la possibilité de qualifier ces sentiments passionnels comme des phénomènes typiquement « français », surtout à en croire les stéréotypes de nombreux penseurs européens qui, du XVIe siècle à nos jours, stigmatisent la France pour ses mœurs vicieuses et décadentes.

Fondé sur un panorama d’extraits romanesques, de contes, essais, nouvelles, poésies, chansons et œuvres cinématographiques, ce cours explorera les arts d’aimer à la française à la fois historiquement (du XVIIIe siècle à aujourd’hui) et thématiquement (de l’adoration tragique à la volupté érotique).

Seminars

Le spectacle de Paris dans le cinéma français (S1)

Jonathan Degenève

Paris est un spectacle qu’offre le cinéma depuis sa naissance jusqu’à aujourd’hui. Les frères Lumière inventent le cinématographe à Lyon, mais c’est sur les Grands Boulevards parisiens qu’ils font les premières projections. Par ailleurs, leurs documentaires de la ville sont bel et bien mis en scène. Avec le passage du muet au parlant, et notamment dans Sous les toits de Paris qui incarne cette transition, la représentation urbaine se fait à travers des images qui deviennent progressivement des clichés dont certains se retrouvent jusque dans La La Land. Il est vrai que le film Les Enfants du Paradis montre déjà l’envers d’une capitale qui se transforme ainsi en décor, en théâtre de la passion, mais c’est la Nouvelle Vague qui renouvelle et même révolutionne cette vision. Il y a l’amour, mais il y a aussi l’exclusion (Les 400 coups), la mort (À bout de souffle), la déchéance (Le Signe du Lion) et la maladie (Cléo de 5 à 7). Paris se dote alors de dimensions multiples et variées, même lorsque les films sont nostalgiques (Dans Paris) ou futuristes (Peut-être). Reste que pour les jeunes de banlieue, aller à Paris c’est toujours aller au spectacle. En témoigne le cinéma de ces dernières années (La Haine, Bande de filles, Divines) qui invite du coup à une réflexion à la fois économique et anthropologique à l’endroit de celles et ceux qui sont comme des étrangers dans leur propre pays alors que leur culture, qui s’invente dans les cités, est ce que Paris ne cesse de suivre et de reprendre. 

Titre de cours : Installation : lieux et espace dans l’art contemporain (S2)

Nena Kraguly

Dépassant les catégories du modernisme, l’art depuis la deuxième moitié du XXème siècle expose un nouveau type d’œuvres définies par le traitement de l’espace, du lieu et du matériau. 

Héritière des ready-made de Marcel Duchamp et de Merzbau de Kurt Schwitters, l’installation apparaît comme un jeu sur l’éphémère et l’espace environnant. 

L’installation est un site spécifique conçu par l’artiste. L’artiste présente des objets et des éléments autonomes en une cohérence holistique qui investit l’espace. Initialement neutre et vide, l’espace devient œuvre d’art. La scénographie et la construction spatiale de l’œuvre englobent le concept du Gesamtkunstwerk (« Œuvre d’art totale ») qui comprend différentes formes et aspects artistiques.

Objet de controverses, les installations deviennent un terrain de réflexion, où la relation du spectateur à l’œuvre et les mécanismes du monde de l’art trouvent de nouvelles formes.

A travers ses pratiques artistiques pluridisciplinaires, l’art de l’installation interroge sur la définition de l’art, des modes de représentation de l’œuvre, des structures instituées, du rôle du spectateur, du statut de l’art et du marché de l’art.

Ce cours abordera les nombreux aspects historiques et contemporains de l’espace, du site et des matériaux.  Le cours s’articulera autour des thèmes proposés : La sculpture dans le champ élargi, espace clos, espace encombré, espace de l’échange (espace social), espace immersif et construction/déconstruction de l’espace.

Paris Communautés : quartiers et migrations à Paris (XIXe-XXIe siècles) (S3)

Christelle Taraud 

Ce cours est une introduction à l’histoire des communautés à Paris. A travers cette question, il s’agit bien sûr d’interroger l’histoire de Paris, l’histoire de la France, l’histoire de l’Europe et l’histoire coloniale et post-coloniale – qui explique en partie la présence de nombreux migrants (et de leurs enfants devenus entre temps citoyens français) provenant du Maghreb et d’Afrique subsaharienne – mais aussi de relier le présent au passé et de mettre en perspective les débats très contemporains auxquels la société française est confrontée  : immigration clandestine, question de la laïcité, affaire du foulard islamique… Le cours se propose donc autant d’aborder la question de l’implantation de ces communautés immigrées européennes, africaines et Asiatiques (Belges, Italiens, Espagnols, Polonais, Portugais, Algériens, Sénégalais, Maliens, Cambodgiens, Laotiens, Vietnamiens, Chinois…) ou migrantes (les Français de souche nord-africaine avant 1962 par exemple) dans un espace singulier – Paris et sa périphérie proche – que de problématiser (en les liant avec cette longue histoire de l’immigration dans la capitale) les questions polémiques qui ont abouti à l’idée qu’un certain type de communautarisme « ethnique » ou/et « confessionnel » (que le cours tentera de définir) était en train de s’installer en France.