Liste des cours disponibles

 Cours VWPP-Reid Hall- Automne 2022

Cours d’écriture intensive :

1- L’Invention de l’exotisme dans la littérature et les arts français. De l’Inde à l’Afrique (XVIIe et XVIIIe siècles)   Prof. Patrick Graille (WI1)

Formé à partir du grec exô (au-dehors), le mot exotisme signifie extérieur, étranger. Il traduit ce qui n’appartient pas à une nation ou à une culture de référence, une curiosité, voire un amour des mondes lointains. En théorie universel, le goût de l’exotisme s’appliqua pourtant avec plus d’intensité et de variété en Europe. Dès les « grandes découvertes » et l’ère précoloniale, les récits de voyages, les fictions et les œuvres d’art mettant en scène des étrangers fascina. Si les historiens de la littérature et de l’art situent surtout cette vogue et ses stéréotypes aux XIXe et XXe siècles, dans le sillage des colonisations, c’est toutefois au temps du Roi-Soleil et des Lumières, que la société française connaît un engouement pour ce qu’elle fantasme comme « l’Orient » et « l’Afrique Noire ». Or, cette projection des mentalités sur des contrées aussi lointaines et différentes est représentée de façon opposée. Deux types d’exotismes s’imposent alors. L’un magnifiant l’étranger comme civilisé, l’autre le diabolisant comme sauvage. En 1756, Voltaire, le philosophe le plus influent de son temps, décrit ainsi « l’Inde de qui toute la terre a besoin, et qui seule n’a besoin de personne », et réduit l’esclavage des Africains à un commerce « démontrant notre supériorité ». Qu’est-ce qui justifie de tels préjugés ? Sont-ils unanimement partagés ? Genrés ? Comment l’exotisme peut-il à la fois exprimer une catégorie de la sensibilité, un art subtil d’accéder à l’autre, une ethnologie humaniste, et un racisme culturel et scientifique essentialiste, qui bientôt dominera la pensée occidentale ? Enfin, comment ces approches précoloniales paradoxales de l’exotisme préfigurent-t-elles les perceptions coloniales de l’étranger, africain ou indien, qui triompheront aux XIXe et XXe siècles ?

Partagé entre « l’Orient » (Perse et surtout Inde) et l’Afrique subsaharienne, le cours explorera ces questions à travers des documents variés : récits de voyages, extraits romanesques et philosophiques, contes, fables, pièces de théâtre, œuvres graphiques… Afin de contrebalancer le corpus d’œuvres en majorité rédigé par des hommes blancs français – les rares femmes écrivaines de l’époque ayant laissé peu d’écrits relevant de l’exotisme –, nous lirons les textes au programme en miroir avec des critiques issu.e.s de diverses origines et cultures.

Pour prévenir les « esprits sensibles », précisons que certaines séances aborderont des sujets parfois choquants, mais qui se révèleront nécessaires à l’intelligibilité de la construction des histoires et des imaginaires du passé.

2- Lire et écrire Paris   Prof. Églantine Morvant (WI2)

L’objectif de ce cours est double. D’une part, il vise à « lire Paris », c’est-à-dire, à faire connaître aux étudiants et étudiantes des textes littéraires dans lesquels Paris tient une place primordiale, voire celle d’un protagoniste. D’autre part, il les invite à « écrire Paris », en se mettant dans la situation d’écrire des textes poétiques qui retranscriront leur découverte ou leur expérience de la ville. 

De façon hebdomadaire, les étudiant.e.s liront des extraits de chefs d’œuvre de la littérature du 19e siècle et du 20e siècle, certains poèmes de Baudelaire, Rimbaud, Apollinaire, certaines chansons par exemple « À saint Germain des prés », « Paname »,  de Léo Ferré, « Rome » et « Paris Gare de Lyon » de Barbara, Marc Lavoine « Paris », Dutronc « Paris s’éveille », des extraits de romans (La Curée de Zola sur le Paris haussmannien, Voyage au bout de la nuit de Céline sur la Place de Clichy, Zazie dans le métro de Queneau, La Vie devant soi de Romain Gary (Émile Ajar), La Place de l’Étoile de Patrick Modiano, Autoportrait de Paris avec Chat de Dany Laferrière, (éventuellement des extraits de Proust et de Pennac). Ils et elles devront produire un travail analytique pour apprécier la place que tient Paris dans l’économie narrative des morceaux littéraires. 

Par ailleurs, ils tiendront une forme de journal poétique illustrée (avec des photos et une carte, même manuscrite, de LEUR Paris) dans lequel ils et elles consigneront leurs morceaux d’écriture créative sur les quartiers de Paris dont ils et elles auront fait l’expérience au cours des semaines et qu’ils et elles me remettront à l’occasion du mid-term et du final paper

Pour commencer ce séminaire, il faudrait effectuer une visite au Musée Carnavalet afin d’y prendre connaissance de l’histoire de Paris – a fortiori parce qu’à partir de septembre 2022, l’exposition temporaire s’intitulera « Parisiennes citoyennes » et portera sur l’émancipation des femmes de 1789 à 2000. De même, une visite au Musée d’Orsay serait intéressante en ceci qu’elle permettrait d’y observer la représentation de Paris au 19e siècle : Caillebotte, « Les raboteurs de parquet », Degas et l’opéra de Paris, Vue du Canal Sait-Martin d’Alfred Sisley, la Gare saint-Lazare de Monet..). On pourrait aussi prévoir – cela dépendra de la faisabilité de cette activité en fonction du nombre d’étudiants – une visite de Paris avec comme étapes les lieux décrits dans les textes littéraires.

3- Ecrire, réécrire, déconstruire les mythes   Prof. Simona Crippa (WI3)

La malléabilité de la structure des mythes et le système dynamique de leurs significations symboliques offrent un ressort remarquable à l’inspiration poétique. De la création du monde selon Hésiode, aux Métamorphoses d’Ovide en passant par la mise en scène de grands mythes par les trois tragiques grecs, Eschyle, Sophocle et Euripide, la mythologie se renouvelle et passe de la tradition orale à l’espace littéraire. Depuis, la littérature n’a eu de cesse de transformer le mythe grâce à la réécriture qui, selon les périodes et les auteurs, offre de nouvelles significations ou formes signifiantes puisqu’elle suppose l’intention de produire de nouveaux discours dans sa capacité de créer et de réinventer.

Le cours se propose d’étudier ce que racontent, expliquent, révèlent, colportent les mythes anciens qui seront analysés à travers différentes réécritures antiques, modernes et contemporaines. Nous nous intéresserons à la question de la déconstruction de vieux archétypes favorisant la création de nouvelles représentations socioculturelles à même de transformer et de diffuser de nouveaux imaginaires. 

Le corpus comprend des réécritures à la fois de figures mythiques et de mythes des origines : Hélène Cixous, Illa (1980), Marguerite Duras, Roma (1993), Laurent Gaudé, Médée-Kali (2003), Wajdi Mouawad, Incendies (2009), Nancy Huston, Jocaste reine (2009) ; d’autres extraits d’œuvres modernes et contemporaines seront également analysés et comparés à des extraits d’œuvres de l’Antiquité.

Les étudiants pourront proposer des réécritures d’un mythe dans leurs devoirs de « writing intensive » ou commenter les textes étudiés en classe. 

Deux sorties possibles :

  • Promenade au Musée du Louvre parmi les peintures représentant des figures mythiques ou une visite au Musée Rodin afin de découvrir quel regard le sculpteur a porté sur la mythologie ;
  • Une pièce de théâtre liée à une figure mythique. 

Séminaires :

1- Le Spectacle de Paris au cinéma– Prof. Jonathan Degenève (S1)

Paris est un spectacle qu’offre le cinéma depuis sa naissance jusqu’à aujourd’hui. Les frères Lumière inventent le cinématographe à Lyon, mais c’est sur les Grands Boulevards parisiens qu’ils font les premières projections. Par ailleurs, leurs documentaires de la ville sont bel et bien mis en scène. Avec le passage du muet au parlant, et notamment dans Sous les toits de Paris qui incarne cette transition, la représentation urbaine se fait à travers des images qui deviennent progressivement des clichés dont certains se retrouvent jusque dans La La Land. Il est vrai que le film Les Enfants du Paradis montre déjà l’envers d’une capitale qui se transforme ainsi en décor, en théâtre de la passion, mais c’est la Nouvelle Vague qui renouvelle et même révolutionne cette vision. Il y a l’amour, mais il y a aussi l’exclusion (Les 400 coups), la mort (À bout de souffle), la déchéance (Le Signe du Lion) et la maladie (Cléo de 5 à 7). Paris se dote alors de dimensions multiples et variées, même lorsque les films sont nostalgiques (Dans Paris) ou futuristes (Peut-être). Reste que pour les jeunes de banlieue, aller à Paris c’est toujours aller au spectacle. En témoigne le cinéma de ces dernières années (La HaineBande de fillesDivines) qui invite du coup à une réflexion à la fois économique et anthropologique à l’endroit de celles et ceux qui sont comme des étrangers dans leur propre pays alors que leur culture, qui s’invente dans les cités, est ce que Paris ne cesse de suivre et de reprendre.

2- La France et l’occupation (1940-1944): Le présent des passés- Prof. Jean-Philippe Dedieu (S2)

Le cours « La France et l’Occupation » vise à questionner la France et les Français pendant l’Occupation allemande ainsi que la manière dont cette période a été l’objet de controverses tant politiques que scientifiques jusqu’à ce jour. Le cours sera structuré autour de périodes historiques distinctes. Le cours analysera la France au lendemain de la Grande Guerre et sa réaction à la montée progressive de régimes totalitaires en Allemagne et en Italie durant l’entre-deux-guerres. Il sera suivi d’un examen de la défaite française de 1940 et de la mise en place du régime de Vichy avec un accent particulier sur la participation active du régime à la déportation des Juifs de France. Il se conclura sur la manière dont l’Occupation a été comprise et interprétée depuis la Libération. À l’aide de journaux intimes ainsi que de films et de documentaires, un accent particulier sera mis sur la manière dont l’Occupation a été vécue par la société française. Au fil du semestre, les étudiants auront acquis une compréhension historique de cette période et questionné les termes et catégories de ‘Résistance’, ‘collaboration’ ou ‘attentisme’ ainsi que les constructions ou reconstructions mémorielles produites depuis cette période tragique. 

3- Femmes, genre, sexualité et colonialisme/post colonialisme en Algérie et en France métropolitaine (1830-2022)- Prof. Christelle Taraud (S3)

Ce cours est une introduction générale à l’histoire des relations entre genre et colonisation/post-colonisation en Algérie et en France métropolitaine du début de la colonisation française en 1830 à aujourd’hui. Dans ce cadre il s’agira de mettre en exergue plusieurs questions centrales de la problématique : 1) La question historiographique en proposant un état des lieux de la recherche algérienne, française et anglo-américaine récente et des problèmes épistémologiques qu’elle soulève ; 2) Les rapports entre « race », classe et genre dans le cadre de l’Algérie et du Maghreb colonial-e et post-colonial-e ; 3) La manière dont l’héritage colonial (pratiques et représentations), à travers les rapports sociaux de sexe et dans une perspective « post-coloniale », influe sur l’Algérie et la France d’aujourd’hui ; 4) Les liens entre colonisation et globalisation au travers de la question des femmes, du genre et des sexualités.

Positions artistiques du postmodernisme: Déconstruction, discontinuité, dématérialisation…– Prof. Nena Kraguly (S4)

La deuxième moitié du XXe siècle est marquée par des profondes mutations qui ont radicalement bouleversé les pratiques visuelles associées, entre autres, à la suprématie de l’idée sur l’approche rétinienne, à la mise en exergue de l’intérêt pour des formes artistiques déstructurées, fragmentées et décentrées, au retrait perceptif, à la dématérialisation de l’objet d’art. « Le monde des arts, ainsi que l’avance Olivier Lussac,  est devenu hétérogène, multiple et pluriel. Il n’est plus un espace homogène et n’est plus à l’image d’un univers idéal. »

Ce cours propose de questionner et d’explorer des concepts et des thèmes artistiques dans les années postérieures à la Seconde guerre mondiale. Le passage de la modernité à la période postmoderne sera analysé avant d’entamer la discussion critique sur les changements des pratiques artistiques que le postmodernisme a engendré dans la scène culturelle, sociale et  politique de l’Occident.

L’objectif de ce cours est de mettre en regard, d’éclairer et de confronter certaines pratiques artistiques de l’art postmoderne comme, par exemple, la culture de masse, la sculpture dans le champ élargi, la dématérialisation de l’objet d’art, l’art en tant qu’action, l’anti-art, l’anti-consumérisme, l’anti-élitisme, l’art interactif, l’art de situation, l’art en réseau, et bien d’autres…

A travers ses pratiques artistiques pluridisciplinaires, l’art postmoderne interroge la définition de l’art,  les modes de présentation de l’oeuvre, les structures instituées, le rôle du spectateur, le statut de l’art et le marché de l’art.

Confrontés à l’impossibilité de présenter un panorama complet, nous allons nous contenter d’esquisser quelques exemples sur les mouvements significatifs d’une production artistique interdisciplinaire et multiforme d’une manière explicite pour qu’elle soit en rapport réel à la compréhension de l’art d’aujourd’hui.

Nous examinerons le travail de nombreux artistes, entre autres  Robert Smithson, Francis Alÿs, Donald Judd, Eva Hesse, Richard Serra, Joseph Kosuth, Zhang Huan, Robert Morris, Dan Flavin, Vong Phaophanit, Yves Klein, Robert Rauschenberg, Piero Manzoni, Meschac Gaba, James Turrell, Olafur Eliasson, Cildo Meireles, Wang Du, Tadashi Kawamata, Mona Hatoum, Fx Harsono, Kader Attia, Shilpa Gupta , Teresa Margolles, Rebecca Belmore, Chiharu Shiota, Ibrahim Mahama, El Anatsui , Chen Zhen, Sheela Gowda et Doris Salcedo.

En parallèle des cours théoriques en classe, il est envisagé de visiter les musées et galeries suivants : le Centre Georges Pompidou, le Palais de Tokyo, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris et les galeries du Marais.    

Ateliers:

Cours de dessin et de peinture- Atelier (A1)

> 4 séquences de cours (4 x 9 heures).

> 1 séance d’évaluation (1 x 3 heures)

Initiation ou approfondissement des bases du dessin d’objet, de figure ou de lieux; rendu d’un sujet d’après son observation. Techniques sèches ou rapides (crayons, pastels, aquarelle)

  • Séquence 1 (3 x 3 heures) : Dessin d’observation d’objet.
  • Séquence 2 (3 x 3 heures) : Dessin d’extérieur (jardins et ville). Croquis in situ (dans les musées, les passages couverts, dans la rue…).

Apprendre ou approfondir le dessin d’objet, travail des volumes, perspectives et lumières.

  • Séquence 3 (3 x 3 heures) : Anatomie d’après modèle vivant ou d’après photos (?).

Apprendre ou perfectionner les fondements du dessin de modèle vivant.

  • Séquence 4 (3 x 3 heures) : Portrait.

L’apprentissage de l’art du portrait : bases techniques du dessin, croquis rapides et poses plus approfondies, placement des ombres et lumières.

  • Séance d’évaluation (1 x 3 heures) : Présentation d’un compte-rendu de visites de musées et du portfolio de travaux réalisés durant les séquences de travail et en dehors.