Cours du VWPP — Printemps 2016

Cours d’écriture intensive / writing intensive courses (2)

  1. Paris en Révolutions (WI1)
  2. Littérature et journalisme (WI2)

Séminaires / seminars (3)

  1. France-Maghreb : relations coloniales et post-coloniales (S1)
  2. Art Contextuel (S2)
  3. Le Théâtre à Paris : hier et aujourd’hui (S3)

Mis à jour le mardi 12 janvier 2016


Ecriture Intensive – « Writing Intensive »

Paris en Révolutions (WI1)

Patrick Graille
Lundi 12h-14h

De 1789 à 1871, Paris fut l’épicentre de quatre révolutions.

Par-delà leurs querelles, les historiens actuels s’accordent sur l’idée que la première d’entre elles, qui s’étendit de 1789 à 1799, fut la période la plus emblématique de l’Histoire de France. En effet, cet événement fondateur bouleversa profondément les institutions politiques, économiques, sociales et culturelles du royaume. De nombreux témoignages sur ces mutations, souvent vécues au quotidien par les populations, portent l’empreinte d’un trouble identitaire, d’une difficulté à se situer entre les ruines du monde ancien et les chantiers du monde nouveau, entre des crépuscules et des aubes. « Tout est à faire, tout est possible, ce qui était rocher il y a six mois est devenu cire. On peut donner au royaume la forme qu’on veut », affirme un parisien en 1789. Quelques années plus tard, avec la « Terreur rouge » et la « Terreur blanche », suivies du coup d’État de Napoléon Bonaparte, que deviendra ce bel optimisme hérité du siècle des Lumières ? Comment les créateurs le vivront-ils et l’exprimeront-ils ?
Comparés à cette longue et captivante décennie, qui fit couler beaucoup d’encre, les mouvements insurrectionnels parisiens de 1830, 1848 et 1871 semblent faire pâle figure dans leurs durées, leurs issues et leurs influences. Plus ou moins rapidement, entre trois jours pour les « Trois glorieuses », quatre jours pour 1848 et deux mois pour la Commune de Paris, ces révolutions porteuses de progrès furent manu militari écrasées dans le sang par les régimes autoritaires — monarchiques ou bourgeois —, qui leur succédèrent. Fréquemment, l’histoire officielle minora ou négligea ces événements, jusqu’à les refouler de la mémoire collective.
Pourtant, de façon dissemblable, ils marquèrent fortement leur temps et le nôtre, comme en témoignèrent de nombreuses voix, célèbres ou méconnues, que ce cours se propose d’explorer de façon panoramique, chronologique et thématique.
Alors qu’aujourd’hui de nombreux idéologues ont proclamé « la fin de l’histoire », de cette histoire conflictuelle, sociale, sexuée, économique et politique, la tradition révolutionnaire française reste tellement ancrée dans les mentalités qu’elle inspire même les contrerévolutionnaires patentés, qui sortent massivement dans les rues pour manifester leur mécontentement.
À travers diverses formes de créations — romans, nouvelles, poèmes, pièces de théâtre, chansons, articles, pamphlets, lettres, mémoires, textes législatifs, peintures, gravures et films —, nous analyserons des événements, des personnages et des thèmes essentiels de ces quatre révolutions, leurs réalités et leurs mythes, leurs grandeurs et leurs misères, leurs ondes de choc européennes, puis mondiales.…

 

 

Littérature et journalisme (WI2)

Florence de Chalonge
Jeudi 14h-16h

Les écrivains journalistes en France (du XVIIIème à nos jours)

Stendhal voyait dans le journalisme un « fossoyeur de la littérature » ! Et pourtant, avant le XXe siècle, et particulièrement au XIXe qui est le grand siècle de l’avènement de la Presse, le journalisme est essentiellement le fait des écrivains. C’est donc à travers les pratiques d’un écrivain qui se fait journaliste que nous nous proposons de lire les formes et les occasions données à ces « pages fugitives » comme les appelait Cendrars. Art de l’instantané et du
transitoire, livrée parfois sous la « tyrannie de la circonstance » (Baudelaire), l’écriture journalistique a également su influencer durablement les formes littéraires elles-mêmes. C’est à travers de grandes plumes littéraires (Marivaux, Diderot, Balzac, Baudelaire, Zola, Albert Londres, Malraux, Cendrars, Duras) que nous nous intéresserons au reportage et à l’enquête, à la chronique, au pamphlet et à la satire, à la lettre ouverte et au « salon » de la critique d’art, ou encore à la pratique de l’interview… A travers tous ces genres, l’écrivain journaliste compose le récit de ses longs voyages, dénoue le glaçant fait-divers ou entreprend l’étude de mœurs. Il se fait aussi critique, pour l’art ou la littérature, devient écrivain-reporter sur les champs de bataille ou dans d’inconnus lointains, à moins qu’il ne cherche à s’imposer en politique. Le curieux et le sensationnel, le pathétique et le documenté, l’indignation ou la mauvaise foi seront autant de tonalités propres à illustrer dans sa variété cette littérature du quotidien.
Regroupées à l’intérieur de séquences (• l’étude de mœurs ; • le reportage ; • la critique esthétique ; • la prise de position politique ; • la chronique), les textes étudiés seront fournis aux étudiants séance après séance en faisant varier les thèmes et les auteurs pour offrir la plus grande diversité. Ces écrits pourront servir de modèle pour l’écriture au sein du Writing Intensive
Course.


Séminaires

France-Maghreb : relations coloniales et post-coloniales (S1)

Christelle Taraud
Mardi 14h-16h

Description du cours : Ce cours est une introduction à l’histoire des relations entre la France et le Maghreb du début du XIXe siècle au début du XXIe siècle. C’est un cours riche en dates, définitions, notions et concepts, qui mobilise des connaissances nombreuses sur l’histoire de France, sur l’histoire européenne, sur l’histoire du Maghreb et sur l’histoire des relations internationales. Il traite, dans ses liens complexes avec la France, d’un espace géographique large allant du Maroc à la Tunisie (en passant par l’Algérie) et d’un temps chronologique long et a pour but de mettre en valeur les bouleversements économiques, politiques, sociétaux considérables que cette région du monde a connus à partir des débuts de la colonisation française : c’est-à-dire depuis la conquête de la ville d’Alger par l’armée française le 5 juillet 1830. Mais le cours souhaite aussi éclairer les relations entre le Maghreb et la France dans l’Hexagone même – de la présence maghrébine en métropole pendant la colonisation jusqu’à la naissance d’une première génération de Français enfants de migrants maghrébins à partir des années 1980, en passant par l’immigration maghrébine en France à partir des années 1950-1960 – en évoquant un certain nombre de questions (place de l’islam dans la République, question de la laïcité et du voile, « identité nationale » et rapports aux minorités…) qui ont fait récemment débat. .

 

 

Art Contextuel (S2)

Néna Kraguly
Mercredi 11h-13h
Séances à Reid Hall et séances avec visites sur site – laissez une demi-heure avant et après pour se rendre sur les lieux des visites.

Art contextuel : art d’intervention, art participatif, art de situation, art investissant l’espace urbain et le paysage, art socialement engagé

L’art contextuel est une notion développée par le théoricien français Paul Ardenne, qui dit : « l’art doit être relié aux choses de tous les jours, se produire dans l’instant, en relation étroite avec le “contexte”. »

Il s’agit d’une stratégie artistique qui délaisse sciemment des lieux institués et des formes traditionnelles de l’art en engageant prestement dans son environnement socio-politique, géographique, etc. L’œuvre consiste en la proposition artistique qui est mise en relation directe avec la réalité brute sans intermédiaire, inaugurant ainsi un nouveau rapport au réel, sans le représenter. L’œuvre est insérée dans un contexte qu’il soit géographique, historique, politique ou social, pour le rendre présent. L’art devient contextuel. Le contexte est donc d’une importance primordiale, il fait partie intégrante et indissociable de l’œuvre. Il détermine la pratique artistique, et joue un rôle fondamental dans la conception, la réalisation et la démonstration de l’œuvre.

L’art contextuel ne vise pas à présenter un objet autonome terminé, son but est d’utiliser les conditions des contextes pour déployer l’ensemble des démarches artistiques et du processus de création.

L’artiste devient un acteur socialement engagé, il confronte et provoque la réalité en la déstabilisant dans le flux temporel. De même, le public participe au processus de création et fait affirmer l’œuvre.

A travers ses pratiques artistiques pluridisciplinaires, l’art contextuel interroge la définition de l’art, les modes de présentation de l’œuvre, les structures instituées, le rôle du spectateur, le statut de l’art et le marché de l’art.

L’objectif de ce cours est de mettre en regard, d’éclairer et de confronter certaines pratiques artistiques de l’art contextuel comme entre autres, l’art activiste (happenings), l’art investissant l’espace public (performances dans les lieux urbain et paysager), l’art interactif (esthétique relationnelle), l’art de situation et l’art en réseau.

Des exemples concrets seront examinés ainsi que les questions que ces pratiques soulèvent: la créativité, ses objectifs, sa signification.

En parallèle des cours théoriques en classe, il est envisagé de visiter les musées et galeries suivants : le Centre Georges Pompidou, le Palais de Tokyo, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris et les galeries du Marais.  

 

Le Théâtre à Paris : hier et aujourd’hui (S3)

Bruno Clément
Mercredi 16h-18h
et des soirées théâtrales les mercredis 20 janvier, 17 février, 9 mars, samedi 19 mars et jeudi 14 avril.

Le cours se propose d’offrir aux étudiants, à partir d’un programme de représentation précis, des ouvertures à la fois sur la scène parisienne, sur l’histoire et la tradition du théâtre occidental, sur les créations les plus contemporaines, ainsi que sur les théories du jeu, de la mise en scène, du rôle et du statut du théâtre dans la cité.

Le cours est différent chaque semestre, puisqu’il dépend de la programmation des salles à chaque saison théâtrale.

Le programme du cours  est élaboré pour permettre un vaste balayage chronologique du théâtre depuis l’Antiquité grecque (il donne presque toujours lieu à un cours sur Platon et Aristote, un cours sur la naissance de la tragédie) aux 19e, 20e et 21e siècles sans compter l’expérience très stimulante de spectacles en langue des signes (à l’International Visual Theater) quand la programmation le permet. Ou d’autres spectacles, encore impossibles à nommer…

Les cours consistent à préparer les spectacles auxquels le groupe d’étudiants doit assister avec le professeur, puis à commenter, analyser, éventuellement critiquer les spectacles en question.

L’objectif général du cours est à la fois de donner aux étudiants une bonne connaissance des textes et de la tradition du théâtre et de leur faire découvrir la multiplicité des manières de jouer et de mettre en scène. C’est aussi, pour le professeur, l’occasion de faire prendre conscience qu’il n’y a pas une et une seule théorie de théâtre, mais une infinité, dont la diversité des expériences du semestre doit permettre de donner une idée. C’est enfin de faire entrer les étudiants dans le monde de la vie culturelle parisienne.