Cours du VWPP – Printemps 2015

Cours d’écriture intensive / writing intensive courses (2)

  1. Récits et imageries de la Révolution française
  2. Paris et la littérature française : lieux de mémoire

Séminaires / seminars (3)

  1. Panorama du théâtre contemporain
  2. Positions artistiques du Postmodernisme : déconstruction, discontinuité, dématérialisation…
  3. Femmes, Féminisme, Genre en France, XIX-XXIèmes siècles

 


Ecriture Intensive – « Writing Intensive »

Récits et imageries de la Révolution française

Patrick Graille
Jeudi 10h30-12h30
Et deux visites sur site les vendredis 6 mars et 27 mars

Par-delà leurs querelles de « chapelles », les historiens actuels s’accordent sur l’idée que la Révolution (1789-1799) fut la période la plus emblématique de l’Histoire de France. En effet, cet événement fondateur bouleversa profondément les institutions politiques, économiques, sociales et culturelles du royaume. De nombreux témoignages sur ces mutations, souvent vécues au quotidien par les populations, portent l’empreinte d’un trouble identitaire, d’une difficulté à se situer entre les ruines du monde ancien et les chantiers du monde nouveau, entre des crépuscules et des aubes. « Tout est à faire, tout est possible, ce qui était rocher il y a six mois est devenu cire. On peut donner au royaume la forme qu’on veut », affirme Dumont en 1789. Quelques années plus tard, avec la « Terreur rouge » et la « Terreur blanche », suivies du coup d’État de Napoléon Bonaparte, que deviendra ce bel optimisme hérité du siècle des Lumières ? À travers diverses formes de créations — romans, nouvelles, poèmes, pièces de théâtre, chansons, articles, pamphlets, lettres, mémoires, textes législatifs, peintures, gravures et films —, nous analyserons des événements, des personnages et des thèmes essentiels de la décennie 1789-1799, ses réalités et ses mythes, ses grandeurs et ses abîmes, ses ondes de choc européennes, puis mondiales.

 

Paris et la littérature française : lieux de mémoire

Martin Mégevand
Jeudi 14h30-16h30
Séances à Reid Hall et séances avec visites sur site – laissez une demi-heure avant et après pour se rendre sur les lieux des visites.

Paris regorge de lieux de mémoire : lieux où s’inscrit officiellement la mémoire nationale sous forme d’inscriptions votives, ou lieux portant plus discrètement la trace du passage de l’Histoire. De même, la littérature française est un lieu où se construisent une mémoire et un patrimoine : Paris y joue un rôle-clé.

Du Mur des fédérés aux plaques apposées devant les lycées parisiens rappelant les rafles des enfants juifs, des immeubles de l’Ile Saint-Louis exhibant leurs plus célèbres locataires (Baudelaire, Daumier, Camille Claudel, Breton) aux ex-voto de Saint Etienne du Mont, des passages parisiens d’Aragon à ceux de W Benjamin : on proposera aux étudiants cinq itinéraires de circulation dans Paris à la recherche de traces de l’inscription, ou inversement au constat de l’effacement, d’événements passés.

On rapprochera ensuite ces différentes formes de l’acte d’inscription de la mémoire historique dans le paysage urbain parisien et celle, non moins directe, visible, mais placée dans la fiction littéraire, des événements qui se sont déroulés sur les lieux visités ou qui sont officiellement rappelés dans le paysage urbain. De cette confrontation, il s’agit de tirer des enseignements sur la fonction de la littérature, lieu de mémoire vive et reconstruite esthétiquement, et lieu de résistance à l’idéologie commémorative. Tel sera le contenu des séances en salle de ce cours.

Pour la validation de ce cours, deux types d’exercices sont demandés aux étudiants. Comme le requiert le type de cours dans lequel il s’inscrit, cours de renforcement de l’expression écrite, des comptes rendus de visite seront demandés aux étudiants après chaque visite. A la fin du semestre, un dossier devra être rendu, qui pourra être soit une réflexion libre sur un lieu de mémoire choisi avec l’accord préalable de l’enseignant, soit un travail sur la figuration d’un lieu parisien dans la littérature ou le cinéma français.

L’intérêt théorique d’un cours de Littérature prenant Paris pour mémoire est d’entrer dans des œuvres majeures ou moins connues de la Littérature française selon une approche inspirée par les études culturelles, privilégiant le rapport de la culture et de ce qui l’environne : les conditions sociales et historiques qui la produisent. L’objet central de ce cours est la mémoire, abordée à partir de ses grandes théories de Platon à Jan et Aleida Assmann, dont les thèses principales seront rappelées à la faveur du cours.

 


Séminaires

Panorama du théâtre contemporain

Bruno Clément
Mercredi 17h-19h
et 6 soirées théâtrales à 20h ou 20h30 : mardi 27/1, samedi 14/2, mercredi 18/2, mercredi 11/3, mardi 19/3, samedi 28/3

Le cours se propose d’offrir aux étudiants, à partir d’un programme précis, des ouvertures à la fois sur la scène parisienne, sur l’histoire et la tradition du théâtre occidental, sur les créations les plus contemporaines. Le cours est donc différent chaque semestre, puisqu’il dépend de la programmation des salles à chaque saison théâtrale.

Le programme du cours « Panorama du théâtre contemporain » a été choisi parce qu’il permet un balayage assez vaste du théâtre depuis l’Antiquité grecque (un cours sur Platon et Aristote, un cours sur la naissance de la tragédie) aux 19e, 20e et 21e siècles (Balzac, le Faiseur, Pirandello, Six personnages en quête d’auteur, Beckett, 3 pièces courtes), sans compter l’expérience très stimulante d’un spectacle en langue des signes (Les amours inutiles), et beaucoup d’autres encore impossibles à nommer… et parce qu’il devrait permettre, entre les différents spectacles, auxquels le cours préparera et qu’il commentera régulièrement, des incursions aussi bien dans les œuvres d’autres auteurs, bien sûr, que chez des théoriciens importants du théâtre à l’époque actuelle (Brecht, Artaud, Boal, etc.)

La programmation des spectacles qui seront vus et commentés pendant le cours comprend entre autres des pièces de Labiche, Tchékhov, Beckett, Pirandello, Balzac, Beckett.

 

Positions Artistiques du Postmodernisme: Déconstruction, discontinuité, dématérialisation…

Nena Kraguly
Mercredi 11h-13h
Séances à Reid Hall et séances avec visites sur site – laissez une demi-heure avant et après pour se rendre sur les lieux des visites.

La deuxième moitié du XXe siècle est marquée par les profondes mutations qui ont radicalement bouleversé les pratiques visuelles associées, entre autres, à la suprématie de l’idée sur l’approche rétinienne, à la mise en exergue de l’intérêt pour des formes artistiques déstructurées, fragmentées et décentrées, au retrait perceptif, à la dématérialisation de l’objet d’art. « Le monde des arts, ainsi que l’avance Olivier Lussac, est devenu hétérogène, multiple et pluriel. Il n’est plus un espace homogène et n’est plus à l’image d’un univers idéal. »

Ce cours propose de questionner et d’explorer des concepts et des thèmes artistiques dans les années postérieures à la Seconde guerre mondiale. Le passage de la modernité à la période postmoderne sera analysé avant d’entamer la discussion critique sur les changements des pratiques artistiques que le postmodernisme a engendré dans la scène culturelle, sociale et politique de l’Occident.

Confrontés à l’impossibilité de présenter un panorama complet, nous allons nous contenter d’esquisser quelques exemples sur les mouvements significatifs d’une production artistique interdisciplinaire et multiforme d’une manière explicite pour qu’elle soit en rapport réel à la compréhension de l’art d’aujourd’hui.

 

Femmes, Féminisme, Genre en France, XIXe- XXIe siècles

Christelle Taraud
Lundi 14h30-16h30

Ce cours est une introduction générale à l’histoire des femmes, du féminisme et du genre dans la France contemporaine du XIXe au XXIe siècle. Dans ce cadre il s’agira de mettre en exergue plusieurs questions centrales de la problématique : 1) L’histoire des relations entre femmes, féminisme et genre en France de la Révolution française de 1789 à nos jours, en mettant particulièrement l’accent sur la première vague de féminisme (1880-1970) et sur la seconde (années 1970) ; 2) Comment les questions de femmes, de féminisme et de genre résonnent dans les débats très contemporains (parité, prostitution, hétéro-centrisme, homophobie, mariage gay, homoparentalité …) de la France d’aujourd’hui ; 3) Et enfin comment croiser les questions de genre et les questions postcoloniales pour mieux comprendre et analyser les polémiques « récentes » en France (voile islamique par exemple). Il s’agira donc ici de mieux saisir la manière dont l’héritage colonial (pratiques et représentations) « travaille » la France des années 2000-2010, surtout à partir de populations africaines et maghrébines (notamment algérienne) considérées, tout particulièrement depuis le milieu des années 1980, comme spécialement « problématiques » pour le modèle français et « l’identité nationale ».